superstars
  • Accueil
  • International
  • Sénégal : « Sénégalomançais » ou la nudité argumentaire d’un « Marre-à-bout »
International Politique Societe

Sénégal : « Sénégalomançais » ou la nudité argumentaire d’un « Marre-à-bout »

J’ai appris dans les aperçus sur l’initiation intitulés les limites du mental que celui qui s’attache au raisonnement et ne s’en affranchit pas au moment voulu, demeure prisonnier de la forme, qui est la limitation par laquelle se définit l’état individuel. Il ne dépassera donc jamais celui-ci, et il n’ira jamais plus loin que l’extérieur. C’est-à-dire qu’il demeurera lié au cycle indéfini de la manifestation. Il faut aussi savoir que le passage de l’extérieur à l’intérieur, c’est aussi le passage de la multiplicité à l’unité, de la circonférence au centre, au point unique d’où il est possible à l’être humain, restauré dans les prérogatives de l’état primordial, de s’élever aux états supérieurs et, par la réalisation totale de sa véritable essence, d’être enfin effectivement et actuellement ce qu’il est potentiellement de toute éternité.

Récemment, j’écrivais que le « AllezCasa » n’est pas le MFDC. Et c’est à cause de l’esprit tordu de certains de nos « con-citoyens » que j’avais publié ces maux. En vérité, dans la tête de certains de nos « con-patriotes », tout fils de la Casamance est apparenté à la rébellion séparatiste. Une réalité que nous, fils de la Casamance et fiers de notre Sénégal, vivons face à l’hypocrisie institutionnalisée par l’autre partie des fils de notre pauvre zone qui refuse de la rejeter publiquement. Après, il y a les autres moralistes qui pensent emballer dans leur poubelle spirituelle, toute personne qui a un regard différent des leurs.

À côté d’eux, il y a les nihilistes qui ne voient que là où s’arrêtent la lumière, oubliant que c’est à cause des branches de l’arbre que l’autre partie n’est pas claire. Pour mieux comprendre la prostitution de la justice de notre très cher et pauvre Sénégal, analysons les propos pour lesquels Guy Marius Sagna a été en prison et ceux pour lesquels Ameth Khalifa Niasse est en train de faire la Une. Ce pays est une vraie arnaque. « Mal-heureusement », les propos du Mollah d’Al Ahmediya sont les paroles cachées de certains de « con-citoyens » et « con-patriotes » pour qui, encore une fois, tout fils de la Casamance est apparenté au MFDC.

Je me permets d’inviter encore une fois les enseignements de la réforme des mentalités, où on nous apprend qu’il ne faut pas se le dissimuler. Ceux mêmes qui se croient être sincèrement religieux, n’ont pour la plupart, de la religion qu’une idée fort amoindrie. Elle n’a guère d’influence effective sur leur pensée ni sur leur façon d’agir. Elle est comme séparée de tout le reste de leur existence. Il ne suffit pas de dire « barki Yalla ou barki Sérigne Touba ou Baye Niass ou Mame Limamou » pour prendre la personne comme celle qui respecte sa foi ou qui respecte les autres. L’humilité est l’une des meilleures qualités du croyant. Malheureusement, quand on a une estime illimitée de soi, on se croit supérieur à la réalité du milieu dans lequel on vit.

Pratiquement, croyants et non-croyants, se comportent à peu près de la même façon. Et, ce qui est plus grave, pensent de la même façon. Pour beaucoup de catholiques ou de musulmans, l’affirmation du surnaturel n’a qu’une valeur toute théorique, et ils seraient fort gênés d’avoir à constater un fait miraculeux. C’est cela qu’on pourrait appeler un matérialisme pratique, un matérialisme de fait. N’est-il pas plus dangereux encore que le matérialisme avéré, précisément parce que ceux qu’il atteint n’en ont même pas conscience ? D’autre part, pour le plus grand nombre, la religion n’est qu’affaire de sentiment, sans aucune portée intellectuelle. On confond la religion avec une vague religiosité, on la réduit à une morale, on diminue le plus possible la place de la doctrine, qui est pourtant tout l’essentiel, ce dont tout le reste ne doit être logiquement qu’une conséquence.

J’ai aussi appris de cet enseignement que le cœur est, à notre sens, le siège et le conservateur de la vie cosmique. Les religions le savaient, et ont fait du cœur : le symbole sacré. Les bâtisseurs de cathédrales qui ont érigé le lieu saint au cœur du Temple. Ils le savaient aussi ceux qui, dans les traditions les plus anciennes, dans les rites les plus secrets, faisaient abstraction de l’intelligence discursive, imposaient le silence à leur cerveau pour entrer dans le sanctuaire et s’y élever par-delà leur être relatif jusqu’à l’Être de l’être.

Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que la raison, en effet, qui n’est qu’une faculté de connaissance médiate, est le mode proprement humain de l’intelligence. L’intuition intellectuelle peut être dite « supra-humaine », puis qu’elle est une participation directe de l’intelligence universelle, qui, résidant dans le cœur, c’est-à-dire au centre même de l’être, là où est son point de contact avec le Divin (Dieu), pénètre cet être par l’intérieur et l’illumine de son rayonnement. On peut aussi dire dans le même sillage que la lumière est le symbole le plus habituel de la connaissance.

Selon Guenon, il est naturel de représenter par la lumière solaire, la connaissance directe, celle intuitive, celle-là qui est celle de l’intellect pur, et par la lumière lunaire la connaissance réfléchie, c’est-à-dire discursive, qui est celle de la raison. Comme la lune ne peut donner sa lumière que si elle est elle-même éclairée par le soleil, de même la raison ne peut fonctionner valablement dans l’ordre de réalité qui est son domaine propre, que sous la garantie de principes qui l’éclairent et la dirigent, et qu’elle reçoit de l’intellect supérieur, poursuit l’enseignement « perrenialiste ».

Il ne s’agit ni de défendre Sonko ou Atepa mais d’interpeller certains enfants de la Casamance sur la prostitution intellectuelle, politique, spirituelle et morale dans lesquelles ils sont. Pour certains « con-citoyens », ce pays est le titre foncier de leurs grands-parents. Être le fils d’un érudit pour qui la large majorité du peuple a du respect ne garantit pas à son descendant, Imam ou « Marre-à-bout » soit-il, le droit d’insulter une personne ou un groupe de gens en mettant leur origine dans l’insulte.

Cette poussière argumentaire de Niasse englobe tous les enfants de cette Casamance qui, pendant des années durant, ne cesse de faire comprendre à la masse qu’elle n’est pas sénégalaise entièrement à part mais à part entière. Arrêtons de jouer avec les communautés, les ethnies et les religions, au grand bonheur de notre pays. Être fils de la Casamance est l’une des meilleures chances pour un sénégalais. Que la paix soit sur ceux qui aime ce pays dans sa diversité et qui aiment cet Etat-Nation.

  • Chérif Sadio, étudiant chercheur à Sorbonne Université.

Related posts

Me Aboubacry Barro revient sur le désistement de Khalifa, le mutisme du juge Kandji …

Cherif Sadio

Ousmane Sonko : « J’ai rendu visite à Khalifa Sall ce matin, mais … » !

Cherif Sadio

URGENT : La responsable PASTEF Keur Massar lâchement assassinée !

Cherif Sadio

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Superstars est le site d'information indépendant lancé en Août 2018 autour d'Alain djiboune avec une équipe éditoriale de plus de 10 journalistes. Le site superstars.sn est ouvert aux contributions de ses abonnés.