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Musique : Alias Diallo ou le « Grand Capo » de la Salsa en Afrique

Seydina Aliou Badara Diallo de son vrai nom, Alias Diallo reste le « Capo de la Salsa » en Afrique. Auteur, interprète et compositeur, l’ancien élève du lycée Djignabo de Ziguinchor est sans conteste l’un des artistes qui jouent le plus dans le territoire sénégalais depuis quelques années.

© Chérif Alkalo Sadio, Paris  – Auteur du tube légendaire « Ayo Néné » qui ne cesse de traverser les générations, en dédicace à son premier enfant, Seydina Aliou Badara « Alias » Diallo est incontestablement le plus grand « Salsero » en Afrique. Mais, l’enfance de l’enfant de Marssassoum a été parsemé d’embuches qu’il n’oublie pas d’évoquer.

Connu pour son franc parler, Alias ne mâche pas ses mots quand il parle de ses maux. Son contact avec la musique est né après son départ inattendu de l’école. « J’ai été expulsé du lycée Djignabo (Ndlr : Ziguinchor) alors que j’avais 13 de moyenne. J’étais un garçon un peu chaud et je ne reculais pas devant les gens. », révèle-t-il, avant de soutenir qu’il a fait ses premières armes à l’UCAZ Jazz Band de Sédhiou « où j’ai passé ma formation, avant d’arriver à Miami trois jours après le départ de Youssou Ndour. J’ai été chef d’orchestre à trois reprises (Ndlr : Baobab, Super Sabor, Lt Ndakaru et Foukest) avant d’intégrer l’orchestre Baobab, avant de créer mon groupe, le Super Salsa il y a 18 ans (Ndlr : on était en 2018). », poursuit le Pape de la musique cubaine en Afrique, au micro de 7TV.

Avec plus de 150 dates jouées en 2018, Alias reste un musicien incontournable dans la sphère musicale sénégalaise. Mais, derrière ce succès, il y a toute une histoire cachée au grand public que bon nombre de sénégalais ne comprennent pas sur la vie du Capo de la Salsa. « J’ai passé 6 ans en étant journalier alors que j’étais marié. J’ai vécu des moments difficiles mais ma belle-mère, celle qui m’a porté comme son fils, la maman de ma première femme qui a malheureusement quitté ce monde (Ndrl 1986) m’a soutenu et m’a aidé. Elle, c’est Dieu qui m’a mis en contact avec elle. J’ai une place chez moi mais je ne vais jamais récupérer mes enfants parce que ma belle-mère, je ne peux pas lui payer son affection ».

Son vécu, sa famille, sa défunte femme, ses enfants et sa belle-mère

« Ce que je peux vous dire, c’est que c’est Ndèye Fall (Ndlr : sa première femme / RIP) qui a été au début de ma réussite avant que Adji Coumba Ndiaye (Ndlr : sa femme actuellement) n’arrive à consolider mes acquis. Le fondement de ma carrière, c’est Ndèye Fall encore une fois. Ma première femme me respectait tellement qu’elle n’offrait à personne le moindre regard négatif sur ma personne. Elle n’avait jamais voulu que je sois déçu devant qui que ce soit. Elle est partie des suites d’un accouchement, où elle donnait la vie à des jumeaux dont l’un est parti avec elle et l’autre, Bébé Diallo, celle qui est avec moi chez moi, est restée en vie. Ma femme d’alors, elle s’accrochait surtout quand c’était difficile. Sa maman m’avait aussi assisté de très près. Aujourd’hui, c’est chez elle que je passe la fête de Korité et de Tabaski. Mes enfants Adji Maguette et Momo Diallo sont toujours avec elle pour lui magnifier toute l’affection que j’ai pour cette dame. C’est chez elle que tout a commencé et je lui reste reconnaissant pour ce qu’elle a fait pour moi. », a tenu à préciser Alias.

Très attaché à ses valeurs, Mr Diallo est un homme qui ne badine pas avec l’éducation de ses enfants. « L’héritage que je veux laisser à mes enfants demain, c’est la dignité, guem sa bop, guem yalla et savoir que ken dou mayé kou doul yalla. Adji Diallo est ma première fille. Quand sa maman rendait l’âme, elle avait 4 ans. Sa belle-mère était devenue sa maman et c’est comme ça qu’elle a grandi. Je me donnais à fond pour subvenir à sa réussite. Je lui ai dit que tout ce dont j’ai besoin, c’est qu’elle soit aux cotés de sa grand-mère et qu’elle l’aide. Et elle le fait très bien. Je suis fier d’elle. », précise le casaçais.

Sa belle-mère : « Je ne peux pas remercier Alias. C’est une personne qui m’a voué tout son respect. Grace à lui, je ne manque de rien. Il n’a jamais voulu que je manque quoi que ce soit et il n’a jamais non-plus voulu que je sois dans des situations difficiles. Je prie au Bon Dieu que les enfants grandissent et qu’ils arrivent à lui payer un billet pour la Mecque, lui et sa femme, afin qu’ils puissent faire le pèlerinage. », prie sa première belle-mère ou sa maman adoptive.

Le Salsa et sa famille paternelle

« Je suis le fils d’un grand érudit du Coran. Ma carrière musicale vient de la volonté divine et je n’y peux rien. C’est Dieu qui a voulu que je sois musicien et Salsero. Je suis de la Casamance mais c’est le destin qui m’a amené à Dakar. Si vous partez chez moi à Marssasoum, vous verrez un grand Imam qui est un frère biologique à moi. Je suis issu d’une famille religieuse et toute ma réussite vient du Tout Puissant. Je suis un croyant et je remercie toujours le Bon Dieu pour ce qu’il m’a apporté », révèle à nouveau l’homme qui a été décoré par les ressortissant cubaine qui le considèrent comme l’un des plus grands conservateurs de leur musique, le seul d’ailleurs au Sénégal.

La musique sénégalaise et la génération actuelle

« Les mbalax-men d’aujourd’hui sont bons et j’écoute certains d’entre eux. Ils chantent bien mais ils doivent comprendre que la musique n’est pas comme la mode. Nous les anciens, nous avons de l’expérience. Et cela est dû à l’accumulation de plusieurs erreurs. Il y a des gens qui cartonnent sur les télévisions mais qui ne peuvent pas s’imposer sur le terrain. Par exemple moi, j’ai joué dans plus de 52 villes dont 13 capitales régionales excepté Diourbel. Ce que personne n’a fait dans la sphère musicale sénégalaise. La génération actuelle ne trace pas l’avenir musical parce que la plupart de ses œuvres est éphémère. Mon tube « Ayo Néné » date d’un peu plus de 14 ans. La célèbre chanson Guantanamera a traversé des années. Il faut créer des chansons qui vont traverser des époques mais pas des musiques éphémères. La musique c’est toute une carrière mais pas du buzz. Imagine, « Reug Reug Boudjan » est passé par là. Aujourd’hui, il y a Diabira etc. Ces genres sont des musiques qui passent vite à l’oubli. Il faut que les jeunes comprennent que la musique n’est pas une affaire facile. La chanson, il faut qu’elle soit un hit pour durer dans le temps. »

Le secret de sa réussite et de sa longévité

« J’ai une identité musicale qui est différente de la musique salsa cubaine. J’ai apporté ma propre touche avec mon propre style dans la musique que je fais. Quand on parle de Mbalax, on dit Youssou Ndour mais le Salsa, c’est moi mais je laisse ça aux gens pour en parler et je ne m’occupe pas du succès. Je suis un travailleur et le plus important pour moi, c’est de respecter mes engagements et de rester professionnel. La musique est sociologique et c’est un domaine qui ne ressemble pas à la mode. C’est une question d’identité comme Youssou Ndour s’est distingué avec le Mbalax.

« Je ne fume pas, je ne prends pas de vin et je m’entraine tous les jours pour garder ma forme. Je fais partie des seuls à jouer seul pendant tout une nuit. Je joue pratiquement 4 fois dans la semaine et parfois dans des localités différentes. J’ai des contrats jusqu’en Septembre 2019. Dans la vie, il ne faut jamais se prendre pour une star. Cette vie de star ne mène à rien. Je suis déjà une star dans la musique Salsa. J’ai fait le plein à Sorano un mercredi, un jour ouvrable après 5 albums auto-produits à mes propres fins. Donc, Alias s’est battu pour être ce qu’il est devenu aujourd’hui. », a fait savoir Seydina Alioune Badara Diallo au micro de 7TV.

Une chose est sure, c’est que Alias Diallo reste incontestablement comme la légende vivante de la musique afro-cubaine en Afrique, le seul capable de remplir les salles et d’enchaîner des concerts dans les régions du pays. Sa voix donne tellement de frissons que ses chansons comme Ayo Néné, Madiama resteront à jamais gravées dans le panthéon de la musique sénégalaise.

Si le Salsa est toujours dans les boites, c’est en partie grâce à lui, l’un des derniers mohicans de cette musique à travers laquelle il retrace le quotidien des hommes, des femmes, des enfants et de l’actualité en générale. Alias Diallo, c’est avant tout le texte avant la musique. Une inspiration qui lui est propre et qui lui permettre de traverser les génération en s’adaptant aux règles du show biz sans être cité dans un quelconque scandale. Ceci dit qu’il gère bien son notoriété et veille également à sa belle image.

© Chérif Alkalo Sadio, Paris.

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